Actuellement de 22.000 Md$, le marché mondial des ETF n’a pas fini sa croissance. En 2030, en tenant compte des créations, des souscriptions et des évolutions de cours, il pourrait atteindre 40.000 Md$. Pour l’heure, Vanguard, BlackRock, Franklin Templeton et Schroder continuent d’étoffer leurs gammes.
D’après J.P. Morgan, le marché mondial des ETF, qui représente près de 22.000 Md$, pourrait atteindre 35.000 Md$, selon une hypothèse basse, avec un potentiel de croissance dépassant les 40.000 Md$ en tenant compte de l’appréciation attendue des indices sous-jacents. Citywire souligne également le « rôle moteur » des ETF dits « actifs » : « Bien qu’ils représentent actuellement 10 % des actifs mondiaux, les produits à gestion active captent 36 % des flux nets de l’ensemble du secteur des ETF. »
Mieux repérer les moteurs de performance
Le marché européen réglementé suit la même trajectoire que son homologue américain, avec un « léger décalage ». Aux Etats-Unis, où la part des ETF actifs dans les flux totaux a atteint un niveau record de 38 %, le nombre d’ETF actifs dépasse dorénavant celui des ETF passifs. Pour mémoire, sur le Vieux Continent, 45 % des ETF lancés au cours des 12 derniers mois sont des ETF actifs. Selon Vanguard, les ETF sur les actions « core » ont bénéficié d’une forte demande en avril, ce qui a contribué à faire plus que tripler, à 42,3 Md$, les flux vers les ETF domiciliés en Europe (par rapport au mois précédent).
« Les ETF actions, détaille David Hsu, head of index equity and ETF product specialism chez Vanguard Europe, ont enregistré 32,3 Md$ d’entrées nettes en avril. Les entrées dans les ETF actions core ont bondi à 25,9 Md$, soit le montant mensuel le plus élevé jamais enregistré. Les investisseurs ont privilégié les expositions mondiales, de préférence aux marchés développés et aux Etats-Unis. Les ETF actions thématiques ont également connu un mois solide. Les ETF obligataires ont enregistré 10 Md$ d’entrées nettes en avril, tandis que les expositions aux obligations d’entreprises et diversifiées ont également connu des flux importants. » Il faut encore noter que les ETF alternatifs ont enregistré des entrées nettes au cours du mois écoulé, mais que les ETF multi-actifs et les ETF matières premières, eux, ont subi des sorties nettes.
C’est dans ce contexte d’inexorable poussée que Vanguard élargit sa gamme dans le marché européen, avec deux nouveaux produits indiciels, conçus pour s’intégrer à des allocations stratégiques de long terme : Vanguard FTSE Eurozone UCITS (0,07 % de frais de gestion) et Vanguard FTSE Developed Europe Small-Cap UCITS (0,19 % de frais de gestion). La réplication des indices sous-jacents est réalisée par l’équipe Global Equity Group, laquelle supervise 8.390 Md$ à l’échelle mondiale. Le leader planétaire de la gestion, BlackRock, étoffe lui aussi son offre d’ETF, pourtant déjà pléthorique (1.700 produits !), avec iShares Europe Domestic Focus, iShares Europe Foreign Focus, iShares UK Domestic Focus et iShares UK Foreign Focus.
Ces quatre nouveaux trackers, dont les frais de gestion sont de 0,25 %, répliquent des indices Stoxx Focus. « Ils permettent est-il indiqué dans un communiqué, d’accéder de manière ciblée aux opportunités de croissance des marchés locaux européens et britannique en adoptant une approche basée sur les revenus des entreprises : au moins 50 % dans la région d’origine ou plus de 50 % à l’international. » Il s’agit là d’une première du genre ! L’ensemble des données couvre 50.000 entreprises et suit les revenus dans 280 régions. L’analyse basée sur les chiffres d’affaires permet de mieux repérer les moteurs de performance.
Un quatrième mousquetaire américain
L’an dernier, les supports indiciels cotés investis en actions européennes ont enregistré des flux de capitaux record de 91,1 Md$, soit l’équivalent de l’ensemble de la décennie précédente. « Alors que nous faisons face à un environnement économique toujours plus fragmenté, commente Vincent Denoiseux, responsable de la recherche produit et de l’innovation d’iShares EMEA, les outils se doivent d’évoluer au-delà des classifications traditionnelles par pays. » La newsletter Bourse et Placements annonce le lancement de quatre ETF UCITS aux couleurs de Franklin Templeton (assortis d’un ratio de coût de 0,09 %) : Franklin S&P 500 Information Technology, Franklin S&P 500 Communication Services, Franklin S&P Financials et Franklin S&P Consumer Discretionary. « Les actions américaines, fait remarquer Bérengère Blaszczyk, directrice France et Benelux de Franklin Templeton, restent une brique d’allocation centrale pour de nombreux clients, tandis que certains investisseurs recherchent désormais des allocations plus ciblées. »
Schroders emboîte le pas aux trois compétiteurs américains précités. L’enseigne britannique… que vient de racheter l’américain Nuveen, confirme ses ambitions en Europe dans le domaine en plein essor des fonds indiciels cotés gérés activement. Elle lance une nouvelle stratégie : Schroder US Equity Active UCITS (0,20 % de frais courants sur encours). Objectifs, battre le S&P 500 sur des périodes de trois à cinq ans, en appliquant la méthodologie Schroder Quantitative Equity Products (QEP). « Le marché actions américain offre un éventail d’opportunités vaste et dynamique, explique Lukas Kamblevicius, coresponsable de l’équipe QEP Investment. Une approche d’investissement systématique et disciplinée peut aider à identifier des sources de rendement régulières. »
ML
