Les femmes, sous-représentés dans l’univers du non coté

Un investisseur sur cinq en non coté est une femme. C’est le chiffre rapporté par Sowefund, une société de financement participatif, à partir de la représentation féminine constatée sur sa propre plateforme.

L’entreprise choisit de voir le verre à moitié plein, en mesurant ce ratio homme/femme à la lumière de celui constaté chez les business angels : d’après les chiffres de France Angels, seuls 6 à 10 % de ces investisseurs sont des femmes.

Pour autant, même si la présence féminine est plus importante dans le non coté, elle s’efface à mesure que les tickets moyens grandissent. « Au-delà de 2 000 € investis, les femmes décrochent progressivement », note Sowefund, qui a néanmoins constaté une progression de 36 % du ticket moyen féminin sur deux ans (de 1 400 € à 1 900 €).

« Ces chiffres démontrent que les femmes ne sont pas « frileuses » face à l'investissement, contrairement aux idées reçues », explique Benjamin Wattinne, co-fondateur de Sowefund. Plus de la moitié des femmes débutent avec des tickets inférieurs à 1 000 €, contre un tiers des hommes, mais sur la tranche 1 000 à 2 000 €, l’équilibre entre sexes « est quasi parfait », fait remarquer le CEO. « Cette approche traduit une stratégie d'entrée prudente plutôt qu'un manque d'audace », estime-t-il.

La progression des tickets au fil des investissements est effectivement similaire, mais un plafond de verre subsiste chez les investisseurs expérimentés, c’est-à-dire ayant réalisé plus de cinq opérations. Le ticket médian est en effet de 6 906 € pour les hommes contre 4 241 € pour les femmes.

Les gros tickets, majoritairement masculins, tirent la moyenne vers le bas, avec des montants 37 % inférieurs chez les femmes. Plus les tickets augmentent, plus l’écart se creuse : seuls 8 % des 1 000 plus gros investisseurs de Sowefund sont des femmes.

La plateforme y voit une causalité structurelle, rappelant que le « plafonnement des montants investis est la résultante mécanique des disparités de revenus cumulés sur l'ensemble de la vie active, alors même qu’en France les femmes disposent en fin de carrière de pensions en moyenne inférieures de 25 à 40 % à celles des hommes. »

A noter que les secteurs d’investissement privilégiés sont aussi différents entre hommes et femmes. Ces dernières sont plus portées sur les healthtech (+ trois points) et les fintechs (+2,4 points), délaissant d’autres thèmes comme l’agritech ou la mobilité lourde.   

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