L’assouplissement de la doctrine de l’AMF sur les exchange traded notes (ETN) en actifs numériques commence à produire ses effets. Alors que l’autorité considérait jusqu’ici ce produit trop complexe pour être commercialisé auprès d’investisseurs non professionnels, elle a infléchi sa position en décembre 2025.
« Compte tenu de l’intérêt des investisseurs pour les cryptoactifs, détenus en direct ou par le biais de produits financiers, l’AMF a constaté que certains cryptoactifs, dès lors qu’ils respectent des conditions prédéfinies, ne présentaient plus un caractère inhabituel pour une clientèle non professionnelle », indique l’Autorité dans un communiqué.
Les acteurs n’ont pas mis longtemps à s’engouffrer dans la brèche. En mars, BNP Paribas élargissait son offre de bourse à six ETN cryptoactifs, indexés sur le bitcoin ou l’ether.
Le 24 avril, Bourse Direct et Amundi lui ont emboîté le pas. Le courtier Bourse Direct propose une offre couvrant plus de cryptoactifs que BNP Paribas, comme XRP, tron ou solana. Au total, une dizaine d’instruments sont proposés, s’appuyant sur des industriels américains comme VanEck ou BlackRock, des prestataires de services sur cryptoactifs (PSCA) comme CoinShares, ou Hasdex, qui s’est associé à Nasdaq pour développer un indice lié aux cryptoactifs, le Nasdaq CME Crypto Index (NCI).
Amundi a lancé le même jour Amundi Bitcoin ETP qui, à la différence des autres produits, est un exchange traded product (ETP). Là où les ETN de Bourse Direct et de BNP Paribas sont des titres de créance, sans achat ni détention directs, l’ETP d’Amundi repose sur la réplication physique intégrale : le produit est entièrement adossé au bitcoin et les actifs conservés dans des portefeuilles numériques mis à disposition par Caceis, qui dispose du statut de PSCA.
Coté sur Euronext Paris avec un SRI de 6 et des frais annuels de 0,25 %, l’Amundi Bitcoin ETP sera disponible en France pour les investisseurs professionnels et pour les investisseurs particuliers via un compte‑titres. L’accès sera progressivement étendu à d’autres pays européens.
L’ensemble de ces solutions entend répondre à une problématique précise : l’exposition à la performance du bitcoin, sans les contraintes opérationnelles liées à la détention directe de cryptoactifs, dont la nécessaire possession de clés sécurisées pour les gros investisseurs.
Lors de la mise à jour de sa doctrine, l’AMF a précisé qu’elle réaliserait au premier semestre 2027 un premier bilan de cette ouverture du marché aux cryptoactifs.
